Ces dernières années, les approches de la réalité sociale d’inspiration libertaire, voire franchement anarchistes, ont acquis une visibilité nouvelle. Les mouvements anarchistes ont fait l’objet d’une attention renouvelée, jusqu’à l’émergence récente, certes modeste, des Anarchist Studies et de recherches philosophiques d’inspiration anarchiste.

Cependant, les relations entre anarchisme et sciences sociales, ce qu’ils se doivent et ce qu’ils se font, font rarement l’objet d’une discussion. En conséquence, le but de ce colloque est d’ouvrir un espace de discussion sur les rapports entre sciences sociales et anarchisme, sur ce que cela peut vouloir dire de faire des sciences sociales en anarchiste.

 Argumentaire

Ces dernières années, les approches de la réalité sociale d’inspiration libertaire, voire franchement anarchistes, ont acquis une visibilité nouvelle. Les mouvements anarchistes ont fait l’objet d’une attention renouvelée, jusqu’à l’émergence récente, certes modeste, des Anarchist Studies et de recherches philosophiques d’inspiration anarchiste.

Cependant, les relations entre anarchisme et sciences sociales, ce qu’ils se doivent et ce qu’ils se font, font rarement l’objet d’une discussion. En conséquence, le but de ce colloque est d’ouvrir un espace de discussion sur les rapports entre sciences sociales et anarchisme, sur ce que cela peut vouloir dire de faire des sciences sociales en anarchiste.

 Programme

 Vendredi 23 mArs 2018

8h30 : Accueil des participant-e-s

9h : Samuel Hayat (science politique, Ceraps, Lille) et Sidonie Verhaeghe (science politique, Ceraps, Lille), Introduction

9h30 Session 1 / Théorie politique et anarchisme

Animation : Sidonie Verhaeghe
Marion Tillous (géographie, Legs, Paris 8), « Perspectives anarcha-féministes en géographie : l’Etat, la famille, et la chercheuse »
Francis Dupuis-Déri (science politique, Iref, Université du Québec à Montréal), « Le Principe désespérance. Propositions pour une philosophie anarchiste de l’Histoire »

10h45-11h : pause

Animation : Samuel Hayat
Manuel Cervera-Marzal (science politique, Casa de Velazquez, Madrid), « La philosophie politique française refoule-t-elle son héritage anarchiste ? »
Ali Kébir (philosophie, Caphi, Rennes 1), « Ce que l’anarchie fait à la philosophie politique »
Vincent Millou (théorie politique, Cevipof, IEP de Paris), « La question de la non-violence. Des théories de la désobéissance civile aux luttes contemporaines »

13h00-14h30 : Déjeuner

14h30-17h : Ateliers thématiques

Session 2a / Epistémologies de l’anarchisme

Discutant : Audric Vitiello (science politique, Lerap, Tours)
Erwan Sommerer (science politique, GES/CRHI, Nice), « Dispersion de la vérité, constructivisme et scepticisme moral : la sociologie de la connaissance mène-t-elle à l’anarchisme ? »
Pierre-André Jarrillot (anthropologie, Paris 8) « Contribution théorique à la constitution d’une ‘science’ anarchiste »
Guillaume de Gracia (anthropologie, Toulouse), « La gonzo anthropologie ou comment tenter de produire une science sociale anarchiste tout en s’extrayant de l’Etat comme objet d’étude pour mieux participer à sa destruction »
Josua Gräbener (science politique, PACTE, Grenoble) « Terminer une thèse grâce à l’anarchisme : retour sur un itinéraire de recherche »

Session 2b / Anarchisme et approches empiriques du social

Discutante : Anne Clerval (géographie, ACP, Paris-Est Marne-la-Vallée)
Annalisa Lendaro (sociologie, Certop, Toulouse 2), « Désobéissance et rapports à la légalité dans la vallée de la Roya : réflexions sur/pour une sociologie politique anarchiste »
Costantino Paonessa (histoire, LarHis, Université catholique de Louvain la Neuve), « Classe, race et anarchistes italiens dans l’Egypte du début XX siècle : une analyse intersectionnelle de leur activisme »
Manon Him-Aquilli (sociolinguistique, Cerlis, Paris Descartes), « Vers une sociolinguistique anarchiste. Les conséquences théoriques et politiques d’une thèse en sciences du langage sur les assemblées générales anarchistes/autonomes »

17h : Pause

17h30 : Transmettre l’anarchisme

Mimmo Pucciarelli (Cedrats, fondateur de l’Atelier de création libertaire, Lyon), « ‘Je t’aime, moi non plus.’ Ou le trajet d’un acteur chercheur »
+ présentations des Centres internationaux de recherches anarchistes et du Centre culturel libertaire de Lille (et d’autres, sous réserve)
+ tables de presse

 Samedi 24 mars 2018

10h - Session 3 / L’anarchisme sous l’influence des sciences sociales

Animation : Samuel Hayat
Vivien Garcia (philosophie, Laboratoire Philosophie, Pratiques & Langages, Grenoble), « Le postanarchisme aujourd’hui »
Irène Pereira (philosophie, Iresmo, ESPE Créteil), « Sciences sociales et anarchisme : à l’épreuve des pratiques anti-oppression »

11h15-11h30 : Pause

Animation : Sidonie Verhaeghe
Caroline Fayolle (histoire, Lirdef, Montpellier), « Une lecture anarchiste de la Révolution française. L’apport historiographique de Daniel Guérin »
Philippe Corcuff (science politique, Cerlis, IEP de Lyon), « Mettre en tension Gabriel Tarde et Pierre Bourdieu : ressources sociologiques pour une actualisation de la pensée libertaire »

12h45 - 14h00 : Déjeuner

14h00-16h00 : ateliers thématiques

Session 4a / L’anarchisme, une pensée du social

Animation : Edouard Leport (sociologie, Cresppa-CSU, Paris 8)
Paula Cossart (sociologie, Ceries, Lille), « Communalisme et anarchisme : influences réciproques passées et présentes »
Clémence Nasr (théorie politique, Centre de théorie politique, Université libre de Bruxelles), « Du lieu à la pensée du corps social. Réinvestissement sociologique de la commune anarchiste »
Jean Bérard (histoire, ISP, ENS Saclay), « Peut-on briser le bâton de la justice ? L’anarchisme à l’épreuve de la justice pénale »

Session 4b / Des sciences sociales anarchistes

Animation : Isabelle Bruno (science politique, Ceraps, Lille)
Jean-Charles Buttier (science de l’éducation, Édhice, Genève), « Pour une histoire politique de l’éducation : l’apport de la pédagogie libertaire à la mise en place de l’école républicaine (1878-1914) »
Charles MacDonald (ethnologie, ADES, Aix-Marseille), « Ethnologie et Anarchisme. Les systèmes anarchogrégaires »
Philippe Pelletier (géographie, EVS, Lyon 2), « Géographie libertaire : non. Géographes libertaires : oui »

16h00 : Conclusion


 APPEL

Ces dernières années, les approches de la réalité sociale d’inspiration libertaire, voire franchement anarchistes, ont acquis une visibilité nouvelle. Les catastrophes sociales et environnementales engendrées par le développement sans frein du capitalisme, les transformations néolibérales de l’Etat, le retour des cléricalismes et la montée des autoritarismes jusqu’au cœur des démocraties libérales ont rendu bien plus audible la critique radicale adressée par les anarchistes au capitalisme, au productivisme, aux religions et à l’Etat. Dans les mondes intellectuels, la fin de la domination du marxisme à gauche n’a pas seulement permis à la « pensée tiède » (Perry Anderson) de s’imposer. Elle a aussi amené les personnes travaillant à repenser les modalités de transformation radicale et émancipatrice du monde social à chercher dans l’anarchisme de nouvelles armes.

Ainsi les mouvements anarchistes ont fait l’objet d’une attention renouvelée, jusqu’à l’émergence récente, certes modeste, des Anarchist Studies1 et de recherches philosophiques d’inspiration anarchiste [1]. Cependant, les relations entre anarchisme et sciences sociales, ce qu’ils se doivent et ce qu’ils se font, font rarement l’objet d’une discussion – limitant par là les possibilités d’émergence, sinon d’une science sociale anarchiste, en tout cas d’un dialogue entre celles et ceux qui entendent faire des sciences sociales en anarchistes. En conséquence, le but de ce colloque n’est pas tant de rassembler des contributions sur l’anarchisme et les anarchistes que d’ouvrir un espace de discussion sur les rapports entre sciences sociales et anarchisme, sur ce que cela peut vouloir dire de faire des sciences sociales en anarchiste.

Nous invitons les personnes qui souhaiteraient se joindre à nous, qu’elles se reconnaissent ou non dans le projet anarchiste, à proposer une contribution s’intégrant dans un ou plusieurs de ces axes :

 1° Ce que les sciences sociales et l’anarchisme se doivent

Le lien établi par le marxisme entre science économique et projet de transformation sociale est caractéristique du matérialisme historique. Des travaux récents ont exploré les affinités historiques et théoriques existant entre les sciences sociales, et en particulier la sociologie, et le socialisme réformiste [2]. En revanche, la contribution des anarchistes à la construction de sciences sociales est souvent minorée, ou en tout cas ne fait pas l’objet d’une investigation spécifique. Or les exemples ne manquent pas qui pointent vers une affinité entre l’anarchisme et certains traits constitutifs des sciences sociales [3].

Les anarchistes entendent généralement s’appuyer, à rebours des courants faisant appel à une transcendance (religieuse ou non), sur une conception purement scientifique de la réalité sociale – avec les ambiguïtés que cela induit sur le rôle de la science. Ainsi, le socialisme scientifique, fondé sur l’analyse précise des mouvements économiques réels, est revendiqué par Proudhon bien avant d’être récupéré par Marx et Engels. Des militants anarchistes ont aussi joué un rôle fondamental dans la formation des sciences sociales modernes : Elisée Reclus et Léon Metchnikov et la géographie, Pierre Kropotkine et l’anthropologie, Louise Michel, Francisco Ferrer, Sébastien Faure ou Paul Robin et les sciences de l’éducation, Ebenezer Howard et l’urbanisme, Noam Chomsky et la linguistique, Patrick Geddes et Murray Bookchin et l’écologie sociale… Des figures centrales des sciences sociales contemporaines continuent à se revendiquer de l’anarchisme [4]. Des contributions pourraient s’intéresser à la question de l’influence réciproque entre anarchisme et sciences sociales, à travers l’exploration d’exemples précis et/ou en formulant des hypothèses plus générales sur ce que les sciences sociales et l’anarchisme se doivent.

 2° Produire une science sociale anarchiste

Si des anarchistes produisent des sciences sociales, il y a lieu de se demander si analyser les faits sociaux dans une perspective anarchiste se distingue d’autres courants de pensée sociologiques.

On a pu parler, à la suite de Paul Feyerabend, d’anarchisme épistémologique pour qualifier le scepticisme radical vis-à-vis des prétentions explicatives de la science [5]. Existe-t-il à l’inverse une méthodologie anarchiste, voire une épistémologie anarchiste ? Celle-ci s’opposerait peut-être à l’individualisme méthodologique en postulant que les décisions ne sont jamais calculées en abstraction de la société et de la culture. Elle s’extrairait également du marxisme sociologique et de la pensée gramscienne de l’hégémonie, en analysant la lutte et l’organisation quotidienne des subalternes comme des résistances discrètes, cachées, à la domination [6].

Dans cette perspective, on peut penser qu’articuler les pensées anarchistes aux sciences sociales permet de renouveler les modèles théoriques d’analyse du politique : revoir la philosophie politique et la typologie des régimes politiques [7], réinterpréter le pragmatisme [8], ou encore repenser la théorie du privilège [9]. Cette journée entend laisser la place aux interrogations théoriques et épistémologiques d’une science sociale anarchiste, en s’intéressant en particulier à son rapport au constructivisme. Les anarchistes, y compris en sciences sociales, ont parfois justifié leurs théories par la référence à des principes universels, comme la primauté de la coopération sur la compétition, l’égalité des intelligences, voire l’existence d’une nature humaine bonne qu’il s’agirait de laisser se développer librement [10].

Comment cette perspective résiste-t-elle ou s’adapte-t-elle au constructivisme sociologique et aux critiques poststructuralistes de l’essentialisme et de l’universalisme ? On pourra ici s’intéresser au post-anarchisme, qui tente de relire l’anarchisme à l’aune des pensées critiques postmodernes [11], ainsi qu’à l’importance des pensées anarchistes (notamment la tradition anarchiste individualiste) dans l’élaboration et le développement des théories queers [12]] et des féminismes déconstructionnistes et/ou intersectionnels. Enfin, on pourra se demander ce que l’anarchisme comme objet fait aux regards scientifiques qui le saisissent. En particulier, comment analyse-t-on l’anarchisme dans une perspective de sociologue ou d’historien du politique ? Est-ce que les outils de la science politique, construits pour penser l’État et les partis, fonctionnent pour étudier l’anarchisme ?

 3° S’extraire de l’État : les objets d’une science sociale anarchiste

Se pose alors la question de savoir ce que permet de voir un point de vue anarchiste (donc a- étatique) sur le social et le politique. Cette question apparaît d’autant plus centrale que certaines disciplines, comme la sociologie historique du politique, ont construit leur légitimité dans et par l’analyse du fait étatique, considérant la construction de l’État comme objet principal et passage obligé de la modernité politique. Le travail d’anthropologues témoigne de la fécondité intellectuelle d’une approche anarchiste des sciences sociales [13].

Pierre Clastres avec le fonctionnement des sociétés amazoniennes, David Graeber avec la mémoire des descendants d’esclaves de Madagascar, ou James C. Scott avec la résistance des paysans malaisiens et des peuples nomades, ont montré l’intérêt de décentrer le regard hors ou à côté des structures politiques et étatiques pour comprendre ce qui se joue, politiquement et socialement, dans des communautés d’individus constituées en sociétés. Réfléchir à l’absence d’État et aux formes de sa contestation permet de mieux révéler les formes d’organisation infra-étatique. Cela conduit à s’intéresser à des zones interstitielles, comme les montagnes de la Zomia [14] ou les « Zones d’autonomie temporaires [15] », qui existent en dehors de l’État. S’extraire de l’État invite également à s’intéresser à des communautés transnationales qui fuient le contrôle des États, qui se constituent sur une base non pas nationale mais idéologique ou politique : les « lanceurs d’alerte », par exemple, qui s’identifient collectivement dans leur appartenance à une communauté de démocrates [16], ou les communautés hackers comme Anonymous [17]]. Sans rejeter l’importance des structures de domination dans la compréhension du fonctionnement politique, social et économique, envisager des organisations autonomes hors de l’État révèle des vies politiques alternatives, régies par des normes non- hégémoniques.

Ces objets offrent ainsi une prise nouvelle pour penser le lien entre État, nation et capitalisme, et pour aborder les institutions par le prisme des phénomènes « infrapolitiques », qui ne sont pas désignés comme politiques, qui n’ont pas d’existence publique et visible, mais qui ont des enjeux et des conséquences sur les relations de pouvoir et le fonctionnement des sociétés. Des contributions pourront présenter de telles recherches ou rendre compte plus largement de ce que l’anarchisme fait aux objets ou aux problématiques de disciplines ou de domaines de savoir donnés.

 4° Diffusion des savoirs anarchistes / diffusion anarchiste des savoirs

Parallèlement aux réflexions sur les conséquences d’une perspective anarchiste dans la construction des savoirs scientifiques, ce colloque entend également interroger les formes de leur diffusion. En effet, dans une perspective anarchiste, il n’est pas possible de se satisfaire de la défense des dispositifs étatiques de création et de diffusion des savoirs, en premier lieu de l’université. Il n’existe pas, d’un point de vue anarchiste, une opposition entre université étatique publique et marchandisation des savoirs, mais bien une alliance, voire une profonde affinité. En tant que lieux de (re)production des dominations, servant tout autant l’utilitarisme capitaliste (ce qu’incarne le processus de Bologne) que le monopole étatique de production et de distribution de la légitimité culturelle, les institutions universitaires n’apparaissent pas – ou plus – pour certain-e-s intellectuel-le-s anarchistes comme propices à l’élaboration de savoirs autonomes des pouvoirs politiques et économiques [18].

D’autres espaces et moyens de production et de diffusion des savoirs, hors de l’emprise de l’État et du capitalisme, sont alors pensés et créés : les universités populaires (dont ce colloque peut être l’occasion de retracer l’histoire, les principes et les enjeux depuis la fin du XIXe siècle) [19], les sites internet et les hackerspaces [20], les brochures et les fanzines, les séminaires, débats et conférences organisés dans les lieux militants autogérés, ou encore la traduction et l’édition de textes anarchistes.

Nous pourrons ainsi nous demander comment s’organisent ces formes de production et de diffusion alternatives des savoirs et ce qu’ils produisent en écho sur la structuration et l’organisation de l’institution universitaire. Enfin, si l’on considère que les savoirs eux- mêmes, en particulier en sciences sociales, sont imbriqués dans des relations de pouvoir, quelles stratégies anarchistes des savoirs peuvent être développées et comment peuvent-elles être défendues ?

Comment articuler l’idée d’un savoir émancipateur, constitutif de la démopédie anarchiste, avec une critique des effets d’oppression des savoirs scientifiques, d’autant plus grands lorsqu’ils sont construits et utilisés comme des moyens de contrôle étatique [21] ou de conquête impérialiste ?

En tant qu’ils mettent en question le partage entre les savants et les profanes, les dispositifs anarchistes de diffusion des savoirs et les critiques anarchistes des sciences ouvrent la voie à une interrogation plus générale sur ce que serait une politique scientifique anarchiste, en vue de construire une science autogérée [22].


Organisé par Samuel Hayat et Sidonie Verhaeghe Lille, 23–24 mars 2018

Université de Lille
Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales
1 place Déliot
Lille, France (59)

[1Jean-Christophe Angaut, Daniel Colson et Mimmo Pucciarelli (dir.), Philosophie de l’anarchie. Théories libertaires, pratiques quotidiennes et ontologie (Lyon : Atelier de création libertaire, 2012).

[2Francesco Callegaro, La science politique des modernes : Durkheim, la sociologie et le projet d’autonomie (Paris : Economica, 2015) ; Francesco Callegaro and Andrea Lanza (dir.), Incidence, 11. Le sens du socialisme : histoire et actualité d’un problème sociologique (Paris : Le Félin, 2015).

[3Éric Dacheux, « Redécouvrir les liens entre science et anarchie pour penser l’indiscipline du chercheur et sa nécessaire responsabilité », Hermès, n 67, 2014, p.192–98.

[4David Graeber, Fragments of an Anarchist Anthropology (Chicago : Prickly Paradigm Press, 2004) [trad. fr. Pour une anthropologie anarchiste, Montréal : Lux, 2006] ; James C. Scott, Two Cheers for Anarchism : Six Easy Pieces on Autonomy, Dignity, and Meaningful Work and Play (Princeton : Princeton University Press, 2012) [trad. fr. Petit éloge de l’anarchisme, Montréal : Lux, 2013].

[5Thierry Hoquet, « Paul Feyerabend, anarchiste des sciences », La Vie des idées, 7 avril 2015. URL : http://www.laviedesidees.fr/Paul-Feyerabend-anarchiste-des-sciences.html

[6James C. Scott, Domination and the Arts of Resistance : Hidden Transcripts (New Haven : Yale University Press, 1990) [trad. fr. La domination et les arts de la résistance : fragments du discours subalterne, Paris : Editions Amsterdam, 2009].

[7Francis Dupuis-Déri, « L’anarchie dans la philosophie politique. Réflexions anarchistes sur la typologie traditionnelle des régimes politiques », Les ateliers de l’éthique. La revue du CREUM, vol. 2, n°1, 2007 ; David Graeber, « La démocratie des interstices : que reste-t-il de l’idéal démocratique ? », Revue du MAUSS, n°26, 2005, p.41-89.

[8Philippe Corcuff, Enjeux libertaires pour le XXIe siècle par un anarchiste néophyte (Paris : Éditions du Monde libertaire, 2015) ; Irène Pereira, Peut-on être radical et pragmatique ? (Paris : Textuel, 2009) ; « Pour un usage anarchiste du pragmatisme – I – Théorie de la connaissance pragmatiste et anarchisme », 2013 [URL : http://www.grand-angle-libertaire.net/pereira-irene-pour-un-usage-anarchiste-du-pragmatisme-i-theorie-de-la-connaissance-pragmatiste-et-anarchisme/] et « Pour un usage anarchiste du pragmatisme – II – L’action politique anarchiste dans le cadre du naturalisme pragmatiste », 2013 [URL : http://www.grand-angle-libertaire.net/pereira-irene-pour-un-usage-anarchiste-du-pragmatisme-ii-laction-politique-anarchiste-dans-le-cadre-du-naturalisme-pragmatiste/].

[9Anarchist Federation, « A class struggle anarchist analysis of privilege theory », 2012 [URL : https://afed.org.uk/a-class-struggle-anarchist-analysis-of-privilege-theory-from-the-womens-caucus/] ; Francis Dupuis-Déri, « Is the State part of the matrix of domination and intersectionality ? An anarchist inquiry », Anarchist Studies, vol. 24, n°1, 2016, p.36-62 ; Francis Dupuis-Dériet Irène Pereira, « Les libertaires, l’intersectionnalité, les races, l’islamophobie, etc. Dialogue sur les contextes français et québecois », 2017 [URL : http://www.grand-angle-libertaire.net/les-libertaires-lintersectionnalite-les-races-lislamophobie-etc-dialogue-sur-les-contextes-francais-et-quebecois/].

[10Noam Chomsky, Michel Foucault, De la nature humaine : justice contre pouvoir, entretien dirigé par Fons Elders ; traduit de l’anglais par Anne Rabinovitch (Paris : L’Herne, 2006).

[11Vivien Garcia, L’anarchisme aujourd’hui (Paris : L’Harmattan, 2012) ; Thomas Ibañez, Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes (Paris : Editions des Cascades, 2010) ; Thomas Ibañez, Anarchisme en mouvement. Anarchisme, néo-anarchisme et post-anarchisme (Paris : Nada, 2014) ; Thomas Ibañez, Nouveaux fragments épars pour un anarchisme sans dogmes (Paris : Editions des Cascades, 2017).

[12C.B. Daring, J. Rogue, Deric Shannon et Abbey Volcano, Queering Anarchism. Addressing and Undressing Power and Desire (Oakland : AK Press, 2012) ; Fray Baroque et Tegan Eanelli, Queer Ultraviolence. Bashback ! Anthology (San Francisco : Ardent Press, 2011) [trad. fr. : Vers la plus queer des insurrections, Paris :Libertalia, 2016

[13Le récent appel à articles « Anthropologie et anarchisme » du Journal des anthropologues, dont la publication est prévue au premier semestre 2018, va en ce sens.

[14Willem Van Schendel, « Geographies of knowing, geographies of ignorance : jumping scale in Southeast Asia », Environment and Planning D : Society and Space, 2002, n°20, p.647-668 ; James C. Scott, The Art of Not Being Governed : An Anarchist History of Upland Southeast Asia (New Haven : Yale University Press, 2009) [trad. fr. :Zomia ou l’art de ne pas être gouverné, Paris, Seuil, 2013].

[15Terme introduit par Hakim Bey, TAZ, Temporary Autonomous Zone (New York : Autonomedia, 1991) [trad. fr : Zone d’autonomie temporaire, TAZ, Paris : Editions de l’Eclat, 1997]. Il est ensuite repris, sans être pour autant véritablement conceptualisé, pour analyser des espaces comme les festivals, les free parties, les squats, des collectifs d’hacktivistes ou les ZAD.

[16Geoffroy de Lagasnerie, L’art de la révolte – Snowden, Assange, Manning (Paris : Fayard, 2015).

[17Gabriella Coleman, Hacker, Hoaxer, Whistleblower, Spy : The Many Faces of Anonymous, (London : Verso Books, 2014) [trad. fr. Anonymous. Hacker, activiste, faussaire, mouchard, lanceur d’alerte, Montréal, Lux, 2016

[18Annick Stevens, « Pourquoi je démissionne de l’université après dix ans d’enseignement », janvier 2012 [URL : http://sauvonslarecherche.fr/sites/95.142.173.69_2001/IMG/pdf/Lettre_demission.pdf].

[19Perrine Gambart, Hugues Lenoir, Les anarchistes individualistes et l’éducation (1900-1914) (Lyon : Atelier de création libertaire, 2015) ; Hugues Lenoir, Pour l’éducation populaire (Paris : Editions du Monde Libertaire, 2012) ; Hugues Lenoir, Autogestion pédagogique et éducation populaire : l’apport des anarchistes (St Georges d’Oléron : Editions libertaires, 2014).

[20Charles-Louis Roseau, Les anarchistes et l’Internet. Etude sur les enjeux pratiques, politiques et esthétiques des sites anarchistes francophones, mémoire de master 1, Université Paris-Sorbonne, 2007 ; Les anarchistes et Internet, Réfractions, n°10, printemps 2003 ; Michel Lallement, L’Âge du faire. Hacking, travail, anarchie (Paris : Seuil, 2015).

[21James C. Scott, Seeing Like a State. How Certain Schemes to Improve the Human Condition Have Failed (New Haven : Yale University Press, 1999).

[22Brian Martin, « Anarchist science policy », The Raven, vol. 7, n° 2, 1994, p. 136-153 [trad. fr.« Pour une politique scientifique anarchiste », Réfractions, n° 13, 2004, p. 125-137].

Mis en ligne par Bruno
 21/03/2018
 https://mediarezo.net/anarchisme-et-sciences-sociales-97
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